Agir en interne avec Fanny Marcon



Dans le cadre de la série “ Génération Solutions ”, PRIMAIRE vous présente régulièrement des personnalités au parcours professionnel ou personnel inspirant afin de créer un répertoire d’idées où venir piocher, se fédérer autour de projets communs, créer, débattre et surtout agir. Cette semaine, nous rencontrons Fanny Marcon, qui a développé son activité indépendante de conseil aux entreprises dans leur démarche à impact positif.




Petites morts d’égo


Diplômée de l’Ecole de Management de Lyon (EM Lyon), Fanny trouve un premier emploi en financement innovation qui “ coche pas mal de cases ” : c’est intéressant, stimulant et bien rémunéré. L’histoire aurait donc pu s’arrêter là… Et pourtant ! Une dissonance cognitive s’installe. D’ un côté, il y a ce sentiment de légitimité : celui d’avoir travaillé et étudié suffisamment longtemps pour mériter d’arriver à ce niveau de confort professionnel, pour justifier la pensée “ d’être quelqu’un de bien ”. De l’autre, il y a ce système de production-consommation vécu de l’intérieur pour la première fois, et qui amène une sensation de malaise diffus. “ De manière silencieuse ” d'abord , la gêne finit par résolument s'installer. Pour Fanny c’est “ une succession de petites morts d’égo ” qui amènent autant de remises en question : un questionnement sur ses valeurs personnelles sur fond d’éco-anxiété, et un rejet du salariat. Elle démissionne.


Auto-formation


Puis elle tâtonne, prend le temps de se questionner et d’essayer de nouvelles choses. Alors que sa pyramide de valeurs s’effondre, elle s’abreuve de lectures en quête de réponses et de solutions. La question de la dissonance cognitive est traitée, celle qui lui succède est la suivante : “ Comment vivre avec ? ”. Dans ce temps de recherche, Fanny s’investit un temps dans le milieu culturel auprès d’'un éco-lieu. Elle s’aménage alors une formation sur-mesure sur la transition écologique, thématique qui avait jusqu’alors brillé par son absence tout au long de son cursus d’études supérieures. Reprenant peu à peu la main sur ses acquis d’école de commerce, elle décide de leur donner une nouvelle impulsion en se formant à la méthodologie du bilan carbone ainsi qu’auprès de B Corp, un mouvement d’entreprises à impact positif.


Agir en interne


Désormais habilitée à délivrer la certification B Corp, qui atteste d’un certain degré d’exigences sociétales et environnementales de sociétés commerciales, Fanny lance son activité indépendante. Son travail repose aujourd’hui sur deux volets : conseil aux entreprises dans leur démarche à impact positif, et formation autour de thématiques liées à l’éco-responsabilité. “ Il y a deux manières d’agir ” me dit-elle : “ en interne ou en externe ”. Le parti pris de Fanny, c’est donc de contribuer à faire bouger les lignes au cœur du monde de l’entreprise. Il s’agit pour elle de connaître sa plus-value et “ d’agir là où l’on se sent le plus à l’aise ”. Lorsque je l’interroge sur l’engagement écologique feint ou sincère des organisations pour lesquelles elle travaille, elle me rappelle que “ derrière l’entreprise il y a des individus ”, et que ces derniers ont une “ réelle volonté de se mettre en mouvement ”.


“ Chez les entreprises, il y a une réelle volonté de se mettre en mouvement ! Cependant, elles sont parfois limitées par un problème systémique, celui de notre modèle économique ”.


Son travail consiste à travailler avec les entreprises donc des contextes bien précis et avec un objectif défini : celui d’améliorer leur impact environnemental.


Une posture de créatrice

Le fait de prendre du recul sur son parcours amène un sentiment grisant : celui d’avoir réussi à donner corps aux idées. Ce qui rend Fanny heureuse, c’est d’avoir une “ posture de créatrice ”, de s’être donné les moyens de concrétiser ses souhaits. Constamment en mouvement, elle est également animatrice de la fresque de climat, un outil pédagogique permettant à tout un chacun de s’approprier les enjeux climatiques. Elle intervient dans des entreprises ainsi que dans des écoles : de retour à l’EM Lyon afin de présenter la fresque, elle note une évolution des mentalités au sein de l’école, où la problématique climat commence peu à peu à se faire une place.


Prenant acte de son besoin de retrouver un travail d’équipe afin d'équilibrer une activité indépendante parfois trop solitaire, Fanny travaille désormais pour le ministère de la transition écologique à raison de deux jours par semaine au sein du service beta.gouv. Son souhait pour cette année : donner une impulsion à un projet initié il y a un an, le Collectif Transition qui est destiné à fédérer les freelances engagés pour l’adaptation au changement climatique. De quoi se réunir autour d’un projet commun, et continuer à faire bouger les lignes !



Pour en savoir plus sur Fanny et son activité :


https://www.linkedin.com/in/fannymarcon/

https://www.collectif-transition.fr/




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